La marche possible des courants |
Centre d'art contemporain. Genève 2010 Santiago Ramon y Cajal avait un tempérament d’artiste mais son père, professeur d’anatomie, le poussa à faire des études de médecine. Il devint un éminent neuroscientifique et reçu le nobel de médecine en 1904. Il est l’auteur d’un grand nombre de dessins du système nerveux qu’il a pu réaliser grâce à une invention d’Emile Golgi, permettant de colorer les cellules nerveuses, en vue de leur observation au microscope. Les dessins de cellules nerveuses ne représentent pas la pensée mais indirectement son irreprésentabilité. La qualité esthétique des dessins de Cajal semble combler la frustration de ne pouvoir aller plus avant dans ce dévoilement scientifique, comme si, par l’investissement d’une pensée poétique dans ces dessins, Cajal conjurait l’impossiblité d’une percée rationelle. L’installation est constituée de plusieurs «graphoscopes» montés sur pied, disposés de manière plus ou moins espacée dans l’espace. Ils projettent périodiquement les dessins de Cajal, en négatif. La périodicité est déterminée par la nécessité d’instaurer avec le spectateur un rapport dynamique. Ce sentiment d’une chose qui échappe participe à faire du dispositif une chose en soi, fonctionnant de manière autonome, presque mystérieuse, par analogie à cette limite irréductible que constitue la représentabilité de la pensée. Il s’agit ainsi de créer un fil narratif qui relie un certain nombre d’informations entre elles, visuelles ou mentales ou même physiques puisqu’il induit que le spectateur est sollicité selon la manière dont il se déplace.
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