Zythum

Le Bon Accueil, Rennes. 2010

Communiqué de presse :

Tenter d'expliquer un double-entendre (prononcer le premier mot "à l'anglaise" et le second "à la française") est aussi vain que de lire consciencieusement un dictionnaire page après page à la manière d'un roman en espérant pouvoir ainsi percer le mystère du langage. Mot après mot, le dictionnaire dévoile son principe d'organisation, si peu évident du temps de Jean de Gênes, qu'il dut agrémenter d'une longue préface son Catholicon, pour exhorter le lecteur de faire l'effort de comprendre le classement par ordre alphabétique. Hormis le fait d'offrir un classement systématique fondé sur les semblances et dissemblances de mots pris un à un, le classement alphabétique à l'avantage, ou l'inconvénient, de créer une discontinuité de sens en se faisant rencontrer des mots sans tenir compte de leur signification, et inversement d'éparpiller ceux liés à un même sujet. Dans ce bel ordre "zythum", mot semblant tout droit sorti de l'Ursprache de la planète Tlön de Borges, vient en dernier comme situé au bord d'un précipice où s'arrêterait le langage. Peu importe ici le sens de ce mot, ce qui a attiré l'attention de l'artiste, c'est sa place, il est l'omega du dictionnaire, le dernier rempart avant la fin du langage. Grâce au principe de contexture (agencement des différents éléments d'un tout complexe) Gaël Grivet, tout comme le fait le personnage principal de L'Homme Dé se libérant du carcan des convenances en jouant sa vie aux dès, déconstruit, désorganise cette exposition en agençant des oeuvres préexistantes et des documents trouvés. Dans cette articulation, l'oeuvre Quid pro quo, sorte de précipité de lumière, symbolise ce cône d'incompréhension, qui sépare la réalité objective de notre perception du monde. Tout comme l'image du drive-in faisant partie de l'installation Cavale. En l'absence de légende, cette image évoque plus une rampe de lancement d'engins spatiaux que celle d'un drive-in situé à Téhéran. Coûte que coûte, il faut trouver du sens, quitte à trouver la première interprétation de l'image plus plausible que la seconde.

A l'occasion de cette exposition, est publié le texte Patterns d'hésitation de Carla Demierre, auteure basée à Genève.


QuidProQuo
QuidProQuo QuidProQuo
Quid Pro Quo. Installation. Bois, contreplaqué, peinture, sérigraphies. Dimensions variables. 2009 - 2010


Quid pro quo
est la matérialisation d'un dispositif dont le contenu se forme dans le vide. Il en résulte une architecture étrange et contraignante. Mais cette cartographie, dont le but inavoué serait de saisir quelque chose de la magie de l'objet filmique, débouche sur une impasse. Le seul dialogue qui reste est celui d'un théâtre d'objet dont le projecteur et l'écran tiendraient, à notre insu, les rôles principaux. Entre les deux, le prisme du flux lumineux semble vibrer d'un écho cinétique.
En résonance, deux images des débuts du cinéma : le studio de production Black Maria, construit par Edison, architecture mobile qui capte les rayons du soleil, et The Dickson Experimental Sound Film, premier film sonore, tourné dans ce même studio. Egalement un texte relatant une expérience proto-artistique. Ces trois éléments étaient présentés dans l'exposition sous forme de sérigraphies.


 
Black_Maria Dikson

Gateau

 

 

 

 

 

 

Auj1 Auj2
Aujourd'hui. Moniteur et programme informatique. 2010

Aujourd’hui matérialise une hésitation orthographique. Sur un écran d’affichage tels que ceux que l’on trouve dans les salles d’attentes, les gares ou les grands magasins,un programme informatique déplace une apostrophe de manière aléatoire. Voir l'animation



 
Dict1 Dict2
Coaptation - Geindre. Sérigraphies. 64 x 47 chaque. 2010

 



Coaptation_geindre

 

Cavale1

Cavale2 Drive-in

Cavale. Installation vidéo. 2008 - 2010

L’automobile et le cinéma sont nés presque ensemble, organes de vision et de mouvement, dans lesquels nos corps et nos cerveaux prennent place. Lieux de disjonction du sonore et du visuel, chacun a eu l’oeil rivé sur le parcours de l’autre.
Une séquence vidéo filmée depuis une voiture, la caméra dirigée vers le ciel. Les objets filent, selon la vitesse du véhicule. Chaque fois qu’un élément rentre dans le champ, il produit un son qui disparaît avec lui.
Ces fragments de paysage perturbent le cadre, lui nient son pouvoir ; en étant placé de force sur le même plan phénoménologique que ses “sujets”, le cadre perd le privilège de désigner, d’intégrer et d’exclure.

Voir un extrait

 
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